Rapport science et société – la controverse autour du vaccin contre le HPV en France

La controverse autour du vaccin contre le HPV en France – Sciences Po 2020


Simon Mazurel, Maelle Amis & Eléna Pougin

Introduction

En 2013, Marie-Océane Bourguignon, une jeune française a porté plainte contre le Gardasil, vaccin utilisé pour prévenir contre le papillomavirus et ainsi empêcher le développement de maladies qui lui y sont associées comme le cancer du col de l’utérus. En effet, la jeune femme qui a développé de nombreux troubles neurologiques à la suite de sa vaccination blâme le Gardasil et considère que le vaccin lui a gâché la vie. Un procès a donc été intenté par la jeune femme et ses parents au fabricant du Gardasil – le père a d’ailleurs annoncé qu’il se battrait “jusqu’au bout”. 

Cette affaire, ainsi que les débats médiatiques qui l’ont suivis, montre bien que ce vaccin, loin de faire l’unanimité, pose de nombreux problèmes et est très controversé, surtout en France. Dans cet essai, nous allons présenter le papillomavirus humain (HPV) ainsi que le contexte du vaccin contre ce virus et allons nous pencher sur cette controverse pour tenter d’éclairer le manque de consensus qui en découle.

Problématique: Entre nature du vaccin et modalités d’application (déni de vaccination et problématiques scientifiques), pourquoi aucun consensus n’émerge autour de la controverse du vaccin contre le papillomavirus en France? 

Ressources pour comprendre le sujet

  • Peut-on vacciner les jeunes filles avec le Gardasil sans craindre d’effets indésirables?, Olivier Monod, Libération, 2018
  • Tout justifie de recommander le vaccin Gardasil contre les papillomavirus, Philippe Gorny, Paris Match, 2019

Plan:

  1. Contexte
  2. Acteurs multiples et conflits d’intérêt
  3. Étude comparative et pouvoirs publics

Partie 1 – Contexte. Qu’est-ce que le vaccin contre le papillomavirus

Le papillomavirus est un virus sexuellement transmissible, extrêmement courant. En effet, les chiffres indiquent que près de 70% des individus sexuellement actifs – hommes comme femmes – sont atteints du papillomavirus au moins une fois dans leur vie. La plupart du temps le papillomavirus ne représente pas d’enjeu particulier, dans le sens où les individus atteints ne développent pas de symptômes, et leur organisme rejette très rapidement le virus. Mais, dans environ 10% des cas, le papillomavirus n’est pas expulsé par l’organisme et devient donc un risque. En effet, celui-ci peut permettre le développement de verrues génitales (le plus souvent bénignes) mais également, dans le pire des cas, de lésions précancéreuses qui – si elles ne sont pas traitées – peuvent à leur tour se transformer en cancer. Ainsi, les zones les plus touchées sont les parties génitales (vulve, vagin et col de l’utérus chez la femme, pénis chez l’homme et anus chez les deux) mais également la bouche et la gorge. Le schéma ci-dessous permet de mieux comprendre le fonctionnement de cette infection puis de sa possible évolution en cancer.

Source 

En 2015, en France, environ 6 300 cancers étaient dus au papillomavirus. On mentionne le plus souvent le col de l’utérus et pour cause, on recense environ 30 000 lésions précancéreuses dans cette zone corporelle par an en France et 3 000 cas du cancer du col de l’utérus, dont certains peuvent être mortels (1 100 cas sur les 3 000). Cela implique qu’en moyenne, près de 3 femmes par jour meurent du cancer du col de l’utérus en France. De plus, si les autres cancers peuvent avoir des causes différentes, le cancer du col de l’utérus découle quasiment uniquement d’une infection par papillomavirus à haut risque cancérigène. Néanmoins, il reste important de préciser que les hommes peuvent également contracter le papillomavirus – nous reviendrons d’ailleurs sur cette perception genrée de la maladie.

Pour prévenir le virus, il existe deux systèmes non-excluables. Dans un premier temps, la vaccination contre le HPV (Human Papillomavirus) est utilisée pour empêcher les lésions dues aux HPV cancérigènes. En France, jusqu’en décembre 2019, la vaccination était recommandée aux jeunes filles de 11 à 14 ans avec rappels de 15 à 19 ans. Parmi les recommandations particulières, on retrouvait les filles et garçons immunodéprimé.e.s jusqu’à l’âge de 19 ans et les hommes ayant ou ayant eu des relations sexuelles avec d’autres hommes jusqu’à l’âge de 26 ans. La vaccination est désormais également recommandée aux garçons. Dans un second temps, le dépistage du cancer du col de l’utérus par frottis permet de déceler les lésions précancéreuses situées sur le col de l’utérus. Comme indiqué précédemment, les deux procédés ne sont pas excluables et la vaccination n’empêche pas la nécessité de se faire dépister par frottis. En revanche, cette méthode de dépistage ne fonctionne que pour le cancer du col de l’utérus et ne permet donc pas de déceler d’autres cancers. 

Partie 2 – Est-il légitime de douter du vaccin? Différents acteurs en désaccord:

  1. Une controverse qui s’inscrit dans un mouvement anti-vaccins plus vaste

Les controverses et peurs liées à la vaccination remontent aux débuts de la pratique de vaccination elle-même. Potentiellement dangereuse à l’époque  (les techniques de vaccination alors utilisées, dites “de bras à bras”, pouvant favoriser les contagions, la vaccination a cependant connu une forte évolution, et le consensus médical s’accorde généralement sur sa sécurité. Toutefois, les controverses quant aux campagnes de vaccination persistent encore aujourd’hui, et des dissensions se font entendre dans plusieurs pays en développement (tel que le Nigéria) comme développés (tels que les Etats-Unis, le Royaume-Unis, ou la France). 

Dans les pays anglo-saxons, où le mouvement “anti-vaxxers” est le plus vocal et médiatisé, les soupçons se concentrent le plus souvent sur le rôle de la vaccination dans l’autisme. Cette polémique est née en 1998 d’une étude scientifique de l’ancien médecin et chercheur britannique Andrew Wakefield concluant à une relation de cause à effet entre le vaccin rougeole-oreillons-rubéoles (ROR) et une maladie nommée par Wakefield l”entérocolique autistique”. Si cette étude a depuis été mainte fois démentie, et Wakefield radié de l’Ordre des médecins après que des scandales de conflits d’intérêts et fautes professionnelles sur patients aient été révélés, la controverse liant l’autisme aux vaccins est responsable au Royaume-Uni d’une baisse du taux de vaccinations et une augmentation correspondante des cas de rougeole. En 2015, Wakefield s’exile aux Etats-Unis où il multiplie les interventions sur ses recherches, se présentant en tant que lanceur d’alerte. Le mouvement “anti-vaxxers” quand à lui gagne du terrain aux Etats-Unis depuis quelques années, et ce scepticisme est notamment relayé par Donald Trump dans des tweets remettant en cause les doses “excessives” des vaccins. 

En 2017, la plus importante épidémie de rougeole que le pays ait connu depuis des décennies est déclarée aux Etats-Unis, touchant particulièrement les communautés somaliennes qui , pour la plupart vaccino-sceptiques, avaient invité Wakefield à se prononcer sur le sujet des vaccins. Ce problème se poursuit en 2019, où le pays recensait 695 nouveaux cas de rougeoles depuis le début de l’année, selon le journal Le Monde. 

La France n’est cependant pas exempte de pareilles controverses. A la différence des pays anglo-saxons, celles-ci portent plutôt sur les liens présumés de certains vaccins avec la sclérose en plaques et autres maladies auto-immunes. Les vaccins contre l’hépatite B et le papillomavirus – sujet de notre étude, sur lequel nous reviendrons – sont particulièrement pointés du doigt. Pour ce qui est du vaccin contre l’hépatite B, celui-ci fit l’objet d’une controverse qui prit de l’ampleur du milieu des années 1990 au milieu des années 2000, et dont les répercussions se font toujours sentir aujourd’hui. En effet, en 1994 le gouvernement français entreprend une campagne de vaccination de masse, qui coïncide avec le début des polémiques autour de ce vaccin après que des cas de sclérose en plaques aient étés relevés chez des personnes récemment vaccinées

Les débats entre associations de victimes (telles REHVAB – réseau vaccin hépatite B), soutenues par certains professionnels de santé, et le gros du corps médical (dont l’OMS) ont résulté à l’époque en une baisse de la part de la population vaccinée, et un amoindrissement de la politique de vaccination de masse de l’Etat. En 2017, la Cour de Justice de l’Union Européenne dédommage un des plaignants en reconnaissant la possibilité d’un lien de causalité entre le vaccin et la sclérose en plaques. 

Le REVHAB deviendra REVAV (réseau des victimes d’accidents vaccinaux), qui lutte actuellement contre la généralisation du vaccin contre le HPV, mais prend aussi parti contre la présence d’aluminium dans certains vaccins disponibles en France avec certains médecins renommés (tels que le controversé Henri Joyeux), un autre sujet polémique majeur en France.


Source

De manière générale, parmis les différents motifs invoqués par les opposants à la vaccination, en France comme ailleurs, on trouve notamment:

  • Les conflits d’intérêts des entreprises pharmaceutiques (“Big Pharma”) et la recherche du profit financier
  • L’obligation de se faire vacciner vécue comme une atteinte à la liberté individuelle (particulièrement présent aux Etats-Unis)
  • Les oppositions religieuses, souvent sur la base de la providence divine. Les maladies sont parfois considérées dans des punitions envoyées par Dieu et ne pouvant être guéries que par l’expiation et la prière. 
  • Les effets secondaires néfastes des vaccins (les nouveaux vaccins et le vaccins groupés en particulier), tels que dans les cas évoqués plus haut, mais aussi, chez certaines populations, des soupçons accusant le vaccin de rendre stérile. 

Les controverses au sujet des vaccins circulent particulièrement en ligne et sur les réseaux sociaux, par l’entremise de groupe de jeunes parents par exemple, ainsi que dans certaines communautés tels que les “free-range parents” (parents prônant un style d’éducation plus flexible et moins strict) ou certaines communautés issues de l’immigration. 

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), cite en 2019 la “méfiance à l’égard des vaccins” (et donc la réticence à se faire vacciner) comme l’un des “10 ennemis que l’OMS devra affronter cette année”.

La controverse autour du vaccin contre le papillomavirus s’inscrit donc partiellement dans un contexte plus large de craintes et refus des vaccins, qui s’est propagé mondialement dans certaines parts de la population. Cependant, la polémique qui nous préoccupe tout particulièrement se distingue de celles portant sur d’autres vaccins. En effet, si la communauté scientifique (à l’exception de certains de ses membres) comme les pouvoirs publics s’accordent généralement à critiquer les mouvements anti-vaxxers et pointer du doigt, notamment, leur manque de rigueur scientifique, ces mêmes acteurs ne semblent pas parvenir à un consensus au sujet du vaccin contre le HPV.

      b) Controverse scientifique et conflits d’intérêt

L’un des exemples les plus marquants de cette controverse reste probablement l’opposition entre l’appel des 50 et le droit de réponse de 15 professionnels de la santé.

L’ « appel des 50 » , publié le 20 mars 2019, a été lancé par des académies, collèges, sociétés et syndicats médicaux qui militent pour « un dépistage et une vaccination universelle contre le papillomavirus ». Ces personnalités et sociétés du monde médical ont formé un collectif dans le but de souligner l’importance, non seulement du dépistage, mais également d’une augmentation de la couverture des populations déjà ciblées et de mettre en place une « vaccination universelle gratuite ou remboursée ; sans distinction de sexe ou de risque ». Afin d’appuyer leurs arguments, les signataires de l’appel des 50 énumèrent toutes les informations que nous avons précédemment cités concernant le virus et indiquent que la politique de prévention française est loin de ses objectifs. Leur but serait de renforcer l’équité dans l’accès à la vaccination afin de protéger filles et garçons contre les différentes maladies causées par ce virus, ainsi que de créer un phénomène de renforcement immunitaire de groupe en vaccinant aussi bien les filles que les garçons. En effet, la notion d’immunité de groupe est majeure lorsque l’on traite la question des vaccins. Les personnes vaccinées constituent en effet un obstacle qui empêche la transmission de l’agent pathogène responsable du virus. Néanmoins, il est nécessaire qu’une importante partie de la population soit vaccinée, car autrement, les risques de propagation sont accrus et l’efficacité des personnes vaccinées est limitée. Le pourcentage de personnes vaccinées requis dans le cadre de la plupart des virus est de 95%. Les signataires légitiment l’urgence de leur appel par l’abondance de données scientifiques qui corroborent leurs demandes. Ils souhaitent étendre leur mobilisation à d’autres acteurs qu’ils citent directement : « les pouvoirs publics », « la communauté médicale », « la société civile », les « associations de patients » et les « médias ». Ainsi, cet appel nous permet de dégager les acteurs principaux (Ligue Nationale Contre le Cancer, Société Française de Gynécologie et Organisation Mondiale de la Santé pour ne citer qu’eux) de cette controverse et les techniques adoptées par celles et ceux qui défendent la vaccination universelle de l’ensemble de la population française. Les acteurs impliqués dans cet appel entendent légitimer leurs arguments afin qu’ils rencontrent un écho plus important au sein de la communauté scientifique mais également au sein de la société en générale et souhaitent même que ceux-ci soient portés jusqu’aux pouvoirs publics pour une action directe et efficaces.

Il est impossible de mentionner cet appel des 50 sans parler des critiques qu’il a suscitées au sein même de la communauté scientifique, montrant bien la division de celle-ci autour de cette controverse et, nous le verrons également, la présence de conflits d’intérêt entre différents acteurs. Il convient en effet de parler du « droit de réponse des médecins et pharmaciens indépendants de l’industrie pharmaceutique », qui dénonce l’appel des 50 notamment en raison de ses conflits d’intérêt. Le droit de réponse commence assez frontalement avec la phrase suivante « Nous, médecins et pharmaciens indépendants de l’industrie pharmaceutique dénonçons l’appel des 50 au nom de l’intégrité et de la raison ».  Ce qui est intéressant de voir c’est qu’il ne s’agit ici non pas de membres de mouvements anti-vaccinaux mais bien de professionnels de la santé qui s’inquiètent donc de l’intégrité de la profession scientifique concernant la question du Gardasil. Il.elle.s critiquent, dans un premier lieu, l’aspect purement légal de l’appel en le liant à l’obligation de dénoncer les possibles conflits d’intérêt lors d’une publication scientifique. En effet selon l’article l4113-13 du code de la santé publique, les professionnel.le.s de la santé qui s’expriment sur un produit de santé sont tenus de faire savoir tous les liens qui peuvent exister entre eux et les fabricants du produit en question: “Les membres des professions médicales qui ont des liens avec des entreprises et établissements produisant ou exploitant des produits de santé ou des organismes de conseil intervenant sur ces produits sont tenus de les faire connaître au public lorsqu’ils s’expriment lors d’une manifestation publique ou dans la presse écrite ou audiovisuelle sur de tels produits. Les conditions d’application du présent article sont fixées par décret en Conseil d’Etat.Les manquements aux règles mentionnées à l’alinéa ci-dessus sont punis de sanctions prononcées par l’ordre professionnel compétent.” (Article l4113-13 du Code de Santé Publique). Or, il semblerait que les signataire de l’appel des 50 aient manqué à cette obligation, ce qui impliquerait que leur appel constitue une infraction à la loi. Au delà de l’aspect légal se pose également un problème éthique lié à l’omniprésence des conflits d’intérêts dans l’histoire du vaccin anti-HPV. En effet, si l’on totalise l’ensemble des 50 acteurs de l’appel, ils comptabilisent 1.661.066 euros de revenus ou dons de la part des fabricants des vaccins contre le Gardasil. Donc on voit apparaître de nouvelles dimensions éthiques et légales autour de cette controverse.

Les consommateur.trice.s sont également impliqué.e.s dans cette controverse. Le pourcentage de français doutant de la sécurité des vaccins – à savoir, 41 % – montre bien qu’il y a une méfiance du public pour ces vaccins. Cette méfiance est générée et nourrie par l’incertitude scientifique et le traitement médiatiques de controverses. En plus de la sécurité, l’utilité même du vaccin est remise en cause, le pourcentage de mères considérant le vaccin comme nécessaire étant passé de 61% en 2008 à 35% en 2015. 

C’est donc à cela qu’on voit que le consensus autour du vaccin semble difficile. En effet, si les conflits d’intérêt sont présents dans quasiment tous les cas, c’est sur le désaccord total entre les scientifiques que l’on peut s’attarder. La division s’opère – on a pu l’observer – au sein même de la communauté scientifique et ne se limite pas à une simple dichotomie anti-vaccins/laboratoires. En effet, si les différents partis du débat semblent tous avancer des arguments prouvés scientifiquement, ceux-ci divergent, ce qui nous mène à une question (trop) large: celle de la vérité. Problème? Celle-ci n’est pas univoque.

    c) Plusieurs vérités: scientifiques, juridiques, médiatiques et même commerciales

Tout l’enjeu de la controverse autour du vaccin HPV réside en effet autour de l’existence de vérités multiples. Scientifiques, industries pharmaceutiques ou encore avocats avancent tous des preuves fondées. Toutefois, les conditions dans lesquelles celles-ci ont été établies diffèrent, et comme les méthodes utilisées pour réaliser ces différents tests ne possèdent pas les mêmes caractéristiques, aucun consensus ne parvient à voir le jour. Prenons par exemple l’enquête Slate sur le Gardasil, réalisée par Frederik Joelving en 2017. Celui-ci revenait sur les conditions dans lesquelles les tests initiaux du vaccin Gardasil avaient été menés. Loin de vouloir inciter les lecteurs à refuser la vaccination contre le papillomavirus, ce dernier dénonçait – grâce à des interviews d’individus ayant participés aux essais cliniques du Gardasil – les critères aléatoires établis par les chercheurs lors de l’établissement des possibles effets secondaires. Il prend d’abord l’exemple de Kesia qui avait accepté à Copenhague de se faire injecter le dit vaccin pour l’équivalent de 500 dollars. Peu de temps après sa deuxième injection, elle développe un syndrome de fatigue chronique (SFC). Pour autant, pendant les années ayant suivies sa vaccination, Kesia n’a pas soupçonné que le vaccin aurait pu être responsable de sa nouvelle pathologie. C’est seulement lorsque la controverse a éclaté que celle-ci a pu faire le rapprochement. 

Kesia n’est pas un cas isolé: en France, le dernier rapport de pharmacovigilance sur le Gardasil estimait que depuis 2006 – son année de commercialisation – jusqu’au 30 juin 2018, 2.809 cas d’effets indésirables avaient été constatés après injection du Gardasil, dont 26,4% de cas graves. Pour Frederik Joelving, le fait qu’aucun lien tangible n’ait encore été établi entre cette flopée d’effets indésirables et le vaccin HPV ne prouve rien. En Norvège, le rapport entre le SFC et la vaccination au Gardasil a été écarté, pourtant il y a encore de quoi douter. En effet, les essais cliniques effectués sur plus de 25 000 hommes et femmes présenteraient une défaillance dans la déclaration des effets secondaires,  ce qui expliquerait pourquoi le Gardasil ne semble jamais en être responsable, que ce soit dans les études de l’Institut National du Cancer aux États-Unis ou par l’Agence Européenne des Médicaments par exemple. Joelving rapporte que dans le cas de Kesia, ses symptômes “n’ont même pas été consignées comme des effets secondaires”. 

De fait, l’enquête laisse penser que les tests cliniques du Gardasil n’ont pas été effectués de manière objective et qu’ainsi, ils ne peuvent pas servir de preuve pour justifier son utilisation. Le laboratoire Merck, à l’origine des tests, a démenti, mais “la fiche du protocole de recherche n’allouait qu’une ligne par entrée, sans possibilité de mesurer les symptômes, leur durée, leurs conséquences ou la gravité globale du problème. Même si le laboratoire avait utilisé ces données pour des vérifications de sécurité ultérieures, leur absence de détails empêche toute analyse sérieuse.” Dès lors, on comprend bien que le principal élément de la controverse réside dans l’incapacité des différents acteurs à s’entendre sur un protocole commun qui permettrait de prouver l’efficacité ou non du vaccin, et prévenir de ses éventuels dangers.

En attendant ce protocole, les médias nationaux à l’instar de Libération en 2018, s’emploient par le biais de “fact-checking” à montrer qu’aucune preuve scientifique ne démontre les effets indésirables sérieux du vaccin HPV – quand bien même chaque année, rien qu’en France, des dizaines de plaintes contre X sont déposées à l’encontre du vaccin, dont 25 rien qu’en avril 2014 pour « blessures involontaires, violation d’une obligation manifeste de sécurité et méconnaissance des principes de précaution et de prévention ». Mais pour la justice, la vérité s’accorde avec celle des industries pharmaceutiques: pas de lien.  Ce pourquoi en octobre 2015, le Parquet de Paris avait classé sans suite la première enquête sur le vaccin Gardasil (que nous mentionnons dans notre introduction). Première plaignante française, Marie-Océane Bourguignon, avait accusé le laboratoire Sanofi-Pasteur MSD, fabriquant le Gardasil, et l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Celle-ci avait lancé la controverse en France, et ouvert le pas à des nombreuses mises en examen. 

En revanche, le possible biais des essais cliniques n’est pas la seule raison de douter de la vérité avancée par les industries pharmaceutiques. Derrière le Gardasil, le laboratoire Sanofi Pasteur MSD, pour le Cervarix – un équivalent – la firme britanno-américaine GlaxoSmithKline (GSK). Les deux firmes sont déjà à l’origine de multiples controverses dont l’une, qui ressemble étrangement à celle qu’on connaît aujourd’hui autour du vaccin contre le HPV: la polémique du vaccin contre l’hépatite B (autour de laquelle s’est centrée la communauté anti-vaccin française, comme nous l’avons vu). La revue médicale suisse rappelle que Sanofi Pasteur avait effectivement déjà été blâmé pour le vaccin contre l’hépatite B et la décision judiciaire des années 1990 indiquait « tromperie sur les contrôles, les risques et les qualités substantielles d’un produit ayant eu pour conséquence de le rendre dangereux pour la santé de l’homme ». Ce vaccin aurait été responsable de cas de sclérose en plaques – avec 1300 dossiers ouverts par les autorités sanitaires. Le Gardasil est lui aussi accusé d’augmenter le risque de sclérose en plaques, et la coïncidence nous mène à interroger les acteurs de l’industrie pharmaceutique. 

Plusieurs questions sont soulevées par ce débat. “Est-ce qu’on peut faire confiance à ceux qui produisent les vaccins?” “Quel est leur but?” “Quels intérêts ont-ils derrière une vaccination massive?” La même situation avait été observée pour le laboratoire GSK, responsable de scléroses en plaques chez les consommateurs du vaccin Engerix B. Dans la même veine, l’État Français avait versé en 2014, 2.4 millions d’euros à une infirmière qui avait développé cette même pathologie après injection du vaccin contre l’hépatite B. Pourtant, encore aujourd’hui, les études ne prouvent pas « d’association statistiquement significative » entre ces vaccins et la sclérose en plaques. Qui doit-on croire? La science, la justice ou les témoignages? Les trois? À contrario du vaccin contre le HPV, le vaccin contre l’hépatite B, lui, a bénéficié d’un soutien judiciaire. Pour le vaccin contre le papillomavirus, seuls les témoignages semblent avoir suffi pour faire décroître le taux de vaccination.

Enfin, un autre problème prouve qu’il existe une certaine légitimité à remettre en cause le vaccin contre le HPV, ou du moins ses modalités. Lorsqu’il ne s’agit pas d’établir sa dangerosité, l’ensemble de ces acteurs doutent encore sur les doses à prescrire. En France, une dose de Cervarix pourrait suffir à en croire certains praticiens. D’autres recommandent deux doses pour les 15-19 ans, tandis que dans certains pays – et même dans certaines régions françaises – trois doses seront injectées. Sans y connaître rien à la science, il semble aisé de comprendre que la quantité d’actifs administrés est primordiale à la fois pour protéger efficacement contre le vaccin et au contraire pour ne pas développer la pathologie, ou d’autres. Pour l’ensemble de ces raisons, cette controverse – vieille de presque 15 ans – semble justifiée. Il y a un réel doute exprimé par de nombreuses communautés directement affectées par la promotion ou non du vaccin contre le papillomavirus. Que ce soit pour des raisons économiques, commerciales ou pour des raisons médiatiques, juridiques et scientifiques, chaque acteur semble défendre ses propres intérêts plutôt que ceux du consommateur. Voilà peut-être pourquoi aucun consensus n’émerge. Il apparaît donc comme nécessaire de replacer le consommateur – directement impliqué, et parfois même sur le long terme, dans l’implication du Cervarix et du Gardasil – au centre de la polémique. 

Partie 3 – Contradictions à l’échelle mondiale et plans d’actions gouvernementales multiples:

  1. Étude comparative: la France n’est pas la seule à subir une controverse autour du vaccin anti-HPV

En France, une étude portée sur 606 étudiantes en 2010 montraient que 30,4 % n’étaient pas vaccinées soit par méconnaissance (56,5 %), soit à cause d’une inquiétude vis-à-vis des effets secondaires (21,5 %), ou parce qu’elles ne s’estimaient pas à risque (11 %). (Mehu-Parant F, Rouzier R, Soulat JM, Parant). À l’échelle mondiale aussi, des interrogations autour du vaccin contre le papillomavirus subsistent. Alors que le taux de couverture vaccinale anti-HPV atteignait les 70% au Japon en 2012 et que le vaccin était proposé gratuitement depuis 2010, on estime qu’en 2014 seulement 1% de la population qui aurait pu se faire administrer le vaccin cette année-là, l’a vraiment effectué selon les chercheurs japonais Tanaka, Ueda, Yoshino & Kimura. Cette baisse drastique s’explique par le signalement massif d’effets indésirables, notamment le syndrome douloureux  régional complexe (SDRC). Ainsi, trois mois après avoir ajouté le vaccin anti-HPV au calendrier vaccinal, le ministère de la santé a arrêté de le recommander. Idem en Espagne, où après deux hospitalisations post-vaccination par le Gardasil en 2009, l’État avait décidé de suspendre la recommandation du vaccin quelques mois. Après l’avoir repris, la population – faute de la médiatisation autour du vaccin et des hospitalisations – avait perdu confiance en son efficacité et sa sûreté. Aux États-Unis, à cause des nombreux mouvements anti-vaccins, des scandales liés aux conditions des tests cliniques et des conséquences indésirables constatées après vaccination, l’opinion publique tend à blâmer les industries pharmaceutiques et beaucoup de professionnels n’osent plus recommander le vaccin avant d’en savoir plus. Pourtant, il existe tout de même des sources tangibles, qui démontrent que depuis les campagnes mondiales de vaccination, le nombre de pathologies développées à cause du papillomavirus a nettement diminué. On a par exemple l’étude de la revue The Lancet au Québec, qui constatait en 2019 que depuis l’apparition du vaccin, le nombre d’infections chez les filles de 13 à 19 ans avait drastiquement baissé de 83%. Cela n’empêche pas le Danemark de voir lui aussi ses taux de vaccination anti-HPV chuter: des cas de syndromes de tachycardie posturale orthostatique (STOP) ont été constatés après vaccination, diminuant le taux de 90% à 40% sur un laps de temps très court à en croire les scientifiques Low, Sandroni, Joyner et Shen.  

D’autre part, en Australie, le pays serait sur “le point d’éradiquer le cancer du col de l’utérus”, titrait le Figaro en 2018. Loin de la controverse, le pays a lancé de larges campagnes de vaccination anti-HPV. Vaccination gratuite depuis 2007 pour les jeunes filles et depuis 2013 pour les jeunes garçons. De cette manière, explique le journal, “la proportion des femmes âgées de 18 à 24 ans porteuses des deux principaux types du virus responsables de la maladie a chuté de 23 % à 1 % entre 2005 et 2015”. À priori, même les populations non vaccinées ne seraient plus infectées, grâce à des taux très élevés de vaccination, diminuant fortement les chances d’avoir des rapports sexuels entre deux personnes non-vaccinées. On compte en Australie un taux de vaccination anti-HPV de près de 80%. Ces résultats constituent une preuve de taille que le vaccin peut s’avérer très efficace. Une question reste donc donc en suspens. Pourquoi certaines pays doutent, et d’autres pas?

Tandis que des pays comme le Royaume-Uni ou l’Australie organisent des campagnes de vaccination chez les populations jeunes, notamment dans les écoles, d’autres pays laissent les citoyens choisir s’ils ont envie de faire vacciner leurs progénitures contre le papillomavirus, ou non. Le second cas engendre des taux de vaccination plus faibles pour les populations concernées, c’est le cas en Allemagne ou aux États-Unis par exemple – où la côte est a tendance à être plus vaccinée contre le HPV que le sud par exemple. En France, le ministère de la santé visait 70% de couverture vaccinale. En 2015, moins de 20% des jeunes filles avaient reçu au moins 1 dose avant 15 ans, affirme la revue Genesis.

Couverture vaccinale en % par le vaccin HPV chez les jeunes filles selon leur année de naissance pour 1 et 3 doses le 31 décembre 2015 en France. Source: INVS.jl-p15-fig

L’élément déterminant pour ces taux de vaccination sont davantage les politiques publiques des États respectifs que les tendances culturelles. Dans Loss Of Opportunity Linked With The Suboptimal Coverage Rate Of Hpv Vaccination In France, Dahlab, Bresse et Largeron montrent que si 70% de la population féminine était effectivement vaccinée contre le papillomavirus, 1 300 cancers du col, 415 cancers de l’anus, 20 cancers vulvaires, 15 cancers du vagin – et donc 660 vies seraient épargnées. 

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a aussi un rôle à jouer dans la controverse. Son adhésion ou non au vaccin anti-HPV a des conséquences colossales sur les taux de vaccination. En juin 2017, celles-ci reconnaissaient que l’ensemble des problèmes évoqués par les plaignants de différents pays, n’avaient pas de lien avec le vaccin, rapporte l’Agence Européenne du Médicament. 

Ces inquiétudes globales autour du vaccin contre le papillomavirus renforcent l’absence d’un consensus. Chaque pays adopte des politiques publiques qui lui sont propres, avec ses méthodes et selon les arguments de ses scientifiques, journalistes, juristes, industriels et consommateurs. La controverse qui a lieu en France fait écho à cette incompréhension mondiale, où l’on retrouve, des milliers de témoignages d’effets indésirables, sans jamais établir un lien concret avec le vaccin. 

  1. Une “féminisation” globale du vaccin 

 «Étendre la vaccination contre le papillomavirus à tous les jeunes garçons est une décision scientifique et éthique.» Agnès Buzyn, décembre 2019

Sur le site dédié à la prévention du papillomavirus en France, le vaccin est indiqué comme particulièrement recommandé aux jeunes filles de 11 à 14 ans, ou de 15 à 19 ans révolus en cas de rattrapage. Bien que les effets du HPV chez les hommes et les cancers qu’il peut causer soient mentionnés, les hommes sont absent des recommandations générales du site en terme de vaccins. Cependant, la Haute Autorité de Santé annonce en décembre 2019:

“Après avoir consulté les professionnels et associations concernés¹, la Haute Autorité de santé (HAS) confirme sa recommandation d’élargissement de la vaccination contre les papillomavirus humains à tous les adolescents de 11 à 14 ans révolus.” 

Ce faisant, la France s’inscrit dans un changement croissant d’état d’esprit quant à un vaccin “genré” contre le HPV. Ainsi, le Royaume-Uni recommande le vaccin à tous les jeunes garçons en classe de 5ème depuis Septembre 2019, et l’Australie, précurseure en la matière, fait de même depuis 2013. Les partisans de ce vaccin pour tous, c’est à dire sans distinction de genre, proviennent principalement des corps médicaux, académiques, et institutionnels. 

Le lien de cause à effet entre le virus contre le HPV et certains cancers a été découvert dans les années 1980 (en 1983 puis 1984) par le virologue allemand Harald zur Hausen, spécialisé dans la recherche de virus oncogènes (et Prix Nobel de médecine 2008), dans le cadre de ses recherches sur le cancer du col de l’utérus. Bien que ce lien de causalité a depuis été élargi à d’autres types de cancers (de la vulve, du vagin, du pénis, de l’anus, et de l’oropharynx), le HPV reste encore trop souvent présenté comme un virus affectant principalement les femmes – ce que renforce, il est vrai, le nombre important de cancers du col de l’utérus. Selon une étude menée par Daley et al., cette vision d’un vaccin contre le HPV principalement féminin est accentuée par une couverture médiatique biaisée en ce sens (comme en atteste les différents articles – A RAJ – ou des publicités télévisées genrées). 

Le corps médical comptait donc jusqu’à présent sur la vaccination des jeunes filles qui, une fois vaccinées, ne pourraient plus transmettre le HPV à leurs futurs partenaires sexuels, endiguant ainsi la propagation du virus et assurant l’immunité de groupe. Cependant, le nombre de jeunes filles vaccinées n’est pas suffisant pour que le système ainsi pensé par la communauté médicale fonctionne réellement dans les faits (avec 24% de femmes vaccinées en France selon la HAS). Les effets de l’immunité de groupe (actuellement moindre qu’espéré) ne pourraient donc qu’augmenter si les jeunes garçons étaient également vaccinés. 

De plus, l’augmentation des cancers de l’oropharynx chez les hommes fait qu’il serait en passe dans certains pays de dépasser les cas de cancers du col de l’utérus selon la Vaccine Academy (dont il est cependant important de noter qu’elle a été fondée par le laboratoire MSD Belgium). Les jeunes garçons ne sont donc pas forcément moins vulnérables aux conséquences du HPV en terme de cancers que les jeunes filles, avancent des membres du corps médical (25% des cancers dus au HPV surgissent chez les hommes selon la HAS), et nécessitent d’être pareillement vaccinés, d’autant plus que le taux de jeunes filles vaccinées ne permet pas encore une immunité de groupe optimale, et que les techniques de dépistages par frottis chez les femmes n’ont pas d’équivalent masculin. La vaccination des garçons présente de plus un rapport coût/efficacité positif, et ce d’autant plus que le taux de filles vaccinées est faible. 

Certains chercheurs et membres de la communauté médicale dénoncent également des politiques de vaccination aux répercussions potentiellement discriminantes et inutilement genrées, qui découleraient d’une perception faussée du virus HPV. Il s’agit selon Daley et al. de replacer cette “féminisation” du vaccin contre le HPV dans un contexte plus large de stéréotypes de genre. En effet les femmes, étant celui des deux sexes qui porte et mets les enfants aux monde, sont depuis longtemps jugée responsables de l’acte de procréation – ou de leur contraception, dont elles doivent assumer la charge mentale. Le HPV, sexuellement transmissible, est donc tout naturellement perçu comme un problème majoritairement féminin. Ainsi, en poussant pour un vaccin “féminin”, et même si le virus peut être tout autant transmis par les femmes que par les hommes, ces derniers profiteraient – si tant est qu’un taux suffisant de femmes soient vaccinées – de l’immunité de groupe. Comme nous l’avons vu cependant, le vaccin reste controversé, et les pourcentages de jeunes filles vaccinées insuffisants pour qu’une réel phénomène d’immunité de groupe soit actif. 

Les politiques de vaccination genrées ont un autre point faible, selon certains. En effet, elles partent du principe que la population à risque ne se livre qu’à des relations hétérosexuelles. Les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (ou MSM – men having sex with men) sont donc particulièrement vulnérables au virus HPV. 

La solution à tous ces problèmes, pour une part croissante du corp médical international, serait donc de généraliser le vaccin contre le HPV à l’ensemble de la population, en insistant sur les risques de différents cancers – du col de l’utérus mais pas uniquement, et en proposant le vaccin dans les infirmeries des écoles, au même titre que d’autres vaccins importants.

“Ceci passe par une meilleure information sur la sécurité de la vaccination pour réduire l’hésitation vaccinale. Elle recommande enfin de faciliter l’accès à la vaccination et de lutter contre les inégalités socio-économiques, en permettant une prise en charge intégrale du vaccin par l’assurance maladie et en travaillant sur les freins à la vaccination en milieu scolaire. La commission technique de la vaccination entamera par ailleurs prochainement des travaux pour redéfinir les modalités du rattrapage vaccinal, pour les filles comme pour les garçons, dans un contexte d’évolution des connaissances et de possibles tensions d’approvisionnement en vaccins au niveau mondial.”

Il est important de préciser cependant que ce mouvement croissant vers une vaccination non-genrée s’effectue uniquement du côté des pro-Gardasil. Il ne s’agit donc nullement, comme nous l’avons vu tout au long de notre étude, d’une mesure partagée par tous. 

Conclusion:

Pour conclure, nous avons pu voir à travers notre étude que la question de la vaccination contre le papillomavirus est encore loin de faire consensus en France. Nous nous sommes penchés sur les différents acteurs de cette controverse – qui divise le corps médical, les médias, la population française, et même les institutions publiques. Si le vaccin est aujourd’hui officiellement recommandé aux jeunes filles comme aux jeunes garçons, appuyé par de nombreuses études et publications dans les médias et par une part du corps médical, les français hésitent toujours. En effet, comme nous avons pu le voir, la méthodologie des essais cliniques est remise en question, et certains acteurs semblent avoir transformé cette controverse davantage en un consensus commercial qu’en un soucis de santé publique. De plus, la médiatisation de certaines affaires juridiques autour des effets secondaires présumés du vaccin contre le HPV sa réputation, et rappelle la controverse autour de l’hépatite B – qui mettait en cause le même laboratoire. Les divisions quant aux méthodes d’application du vaccin, notamment sur les dosages et les populations auxquelles il doit être administré sont elles aussi fondamentales. Il semble donc qu’il sera difficile d’arriver à court/moyen terme à un consensus sur ce vaccin en France, d’autant plus qu’à l’échelle internationale, la question de l’utilité et de la sûreté du vaccin contre le papillomavirus se pose encore. 

Bibliographie:

Partie 1

Partie 2

  • Sonar Europe, “La France, premier pays anti-vaccins en Europe”, Le Figaro,
    7 janvier 2020.
  • Romelot Odile, Comment le sentiment anti-vaccin s’est enraciné aux
    Etats-Unis, Slate, 25 septembre 2019.
  • Infections et cancers dus aux papillomavirus (HPV) en France « Appel des 50
    » : Académies, Collèges, Sociétés et Syndicats médicaux pour un dépistage et
    une vaccination universelle contre le papillomavirus soutenu par des
    personnalités médicales et 6 associations de parents et de dépistage
    Communiqué de presse, Le 20 mars 2019
  • Appel des « 50 sociétés savantes » : Droit de réponse de médecins et
    pharmaciens indépendants de l’industrie pharmaceutique, 28 avril 2019
  • Landry Boy Vanessa, “Vaccins Anti-HPV: 15 médecins dénoncent les conflits
    d’intérêt”, Paris Match, 20 avril 20
  • Fleury Mégane, HPV : 15 médecins s’opposent à la généralisation de la
    vaccination, Pourquoi docteur?, 1 mai 2019
  • Cogné Michel, L’insuffisante vaccination contre le papillomavirus, un futur
    scandale sanitaire, L’Obs, 21 Mars 2019
  • Roy, Soline L’appel de 50 sociétés savantes pour la vaccination contre le
    cancer du col de l’utérus, Le Figaro, 20 Mars 2019
  • What the Gardasil Testing May Have Missed, Frederik Joelving, Slate, 2017
  • Uhart M, Dahlab A, Bresse X, Largeron N. Loss Of Opportunity Linked With
    The Suboptimal Coverage Rate Of Hpv Vaccination In France. Value Health
    2015; 18: A462
  • Réunion du Comité technique de Pharmacovigilance – CT012018061, 2018
  • HPV vaccination and risk of chronic fatigue syndrome/myalgic
    encephalomyelitis: A nationwide register-based study from Norway, Feiring,
    Laake, Bakken & al., Vaccine, Issue 33, 2017, pages 4203-4212.
  • De la pénurie à la controverse, le point sur la vaccination en France,
    Pouchar, Damgé, Durand, Baruch, Breteau, Le Monde, 2015
  • Haesebaert J, Lutringer-Magnin D, Kalecinski J, Barone G, Jacquard AC,
    Regnier V et al. French women’s knowledge of and attitudes towards cervical
    cancer prevention and the acceptability of HPV vaccination among those with
    14 – 18 year old daughters: a quantitative-qualitative study. BMC Public
    Health 2012; 12: 1034.
  • http://ansm.sante.fr. Vaccins anti-HPV et risque de maladies auto immunes :
    étude pharmaco épidémiologique. 2015.
  • Cancer du col de l’utérus: une seule dose de vaccin suffit, Elena Bizzotto,
    Santé Magazine
  • Huit choses à savoir sur le Gardasil, le vaccin contre le cancer du col de
    l’utérus, Santé Magazine, 2019
  • Gardasil : Sanofi dément les effets secondaires, AFP, 2013
  • Hépatite B: une controverse à la française, Jean-Yves Nau, Rev med Suisse
    2008, volume 4. page 440
  • Mehu-Parant F, Rouzier R, Soulat JM, Parant O. Eligibility and willingness of
    first-year students entering university to participate in a HPV vaccination
    catch-up program. Eur J Obstet Gynecol Reprod Biol 2010; 148: 186-190.

Partie 3

  • Revue Genesis, Vaccins Anti-Hpv: La couverture française et internationale
  • Vaccination Info Service, Histoire d’une Polémique: Vaccination Anti HPV et
    Maladies Auto-Immunes, 2018
  • L’Australie sur le point d’éradiquer le cancer du col de l’utérus, Pierre Kaldy,
    Le Figaro, 2018
  • « Population-level impact and herd effects following the introduction of human
    papillomavirus vaccination programmes: updated systematic review and
    meta-analysis ». The Lancet, 2019.
  • Organisation mondiale de la santé (OMS). Relevé épidémiologique
    hebdomadaire de l’OMS. 2017. Report No: No 28, 2017 ; 92 : p. 393–404.
  • Low P.A., Sandroni P., Joyner M., Shen W.-K. Postural Tachycardia
    Syndrome (POTS). J Cardiovasc Electrophysiol. 2009; 20(3): p. 352‐8.
  • Brinth L.S., Pors K., Theibel A.C., Mehlsen J. Orthostatic intolerance and
    postural tachycardia syndrome as suspected adverse effects of vaccination
    against human papilloma virus. Vaccine. 2015; 33(22): p. 2602‐5
  • Agence européenne du médicament. Human papillomavirus (HPV) vaccines.
    2015;40.
  • Hanley S.J.B., Yoshioka E., Ito Y., Kishi R. HPV vaccination crisis in Japan.
    The Lancet. 2015; 385(9987): p. 2571.
  • Tanaka Y., Ueda Y., Yoshino K., Kimura T. History repeats itself in Japan:
    Failure to learn from rubella epidemic leads to failure to provide the HPV
    vaccine. Hum Vaccines Immunother. 2017; 13(8): p. 1859‐60.
  • Chesson HW, Ekwueme DU, Saraiya M, Dunne EF, Markowitz LE, “The
    cost-ef ectiveness of male HPV vaccination in the United States”, NCBI, Octobre
    2011.
  • Haute Autorité de Santé, Recommandation sur l’élargissement de la vaccination
    contre les papillomavirus aux garçons, Décembre 2019

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s