Simulation – Rendez-Vous avec Kevin Razy

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Bonjour Kévin. Alors moi aujourd’hui je voudrais parler d’un sujet qui nous concerne tous et qu’on oublie pourtant bien souvent dans la vie quotidienne. Je veux parler de notre consommation de plastique. Donc ce matin, j’étais dans le train, j’essayais de peaufiner un peu ma chronique et je suis tombé sur cette vidéo qui m’a particulièrement choquée d’une tortue à qui on enlève une paille en plastique de ses narines.

Déjà, j’ai été abasourdie, je ne savais même pas que les tortues avaient des narines. Personne ne m’avait prévenu. Premier choc donc, puis le second a été plus tard, quand j’ai réalisé que c’était possiblement de notre faute à nous si cette tortue se retrouve avec la paille d’un ancien Mojito dans le naseau. Elle n’est pas la seule. Cet été, on avait vu cette autre vidéo d’une baleine échouée sur la plage, morte après avoir ingéré 80 sacs plastique. Preuve que Mélissandre n’est pas la seule à avaler tout et n’importe quoi. 

D’ailleurs, on estime qu’en 2050, 90% des animaux marins auront ingéré du plastique. Mais attention, je ne parle pas forcément d’objets en plastique mais aussi de micro-déchets, ces particules qui subsistent quand le plastique se désintègre. Et là, le constat est troublant, puisque dans le gear on compte plus de 1800 milliards de ces micro-plastiques. C’est 10 fois plus que les fortunes de Jeff Bezos et Bill Gates réunies ! Alors je vous entends déjà, le gear c’est quoi ? Eh bien, ce sont cinq zones dans le monde, dans lesquels les courants de l’océan ont accumulé les déchets. Les spécialistes parlent même d’un 7èmecontinent dans le pacifique. Celui-ci ferait 6 fois la surface de la France et les études prouvent qu’on avalerait sans le vouloir près de 11 000 de ces particules par an. 

Alors oui, ça casse l’ambiance, mais les poissons ne savent pas encore reconnaître ce qu’ils se mettent dans le ventre, et nous en les mangeant, on récupère les substances toxiques faites d’hydrocarbures qu’ils ont consommé par notre faute. Un véritable cercle vicieux.

Mais si j’ai bien compris, le plastique n’est pas seulement dévastateur pour les animaux marins, n’est-ce pas ?

En effet, les animaux ne sont pas les seuls concernés par cette crise du plastique. A ce titre, Hugo Clément était parti au Bangladesh observer la situation de Dacca, une des villes les plus denses et pauvres du monde, où seulement 45% des ordures sont collectés par l’État. Pour faire face à ces 800 000 déchets par an dans la ville qui ne sont pas triés, les habitants ont commencé à prendre eux-mêmes la situation en main, en brûlant le plastique, entraînant des problèmes respiratoires sans égal. À Dacca, 9 habitants sur 10 souffrent de maladies à cause de l’inhalation de ces fumées toxiques.

Et en France, comment ça se passe ? Les pays développés ont l’habitude de trier leurs déchets et en 2020 des lois environnementales devraient être appliquées c’est ça ?

Exactement, sauf qu’en France aussi il y a de quoi se poser des questions. Il faut plus de 400 ans pour qu’un emballage se désintègre en particules, et pourtant les français ne savent pas encore véritablement comment recycler leurs déchets. Du coup notre premier ministre Edouard Philippe avait assuré que d’ici 2025, 100% des déchets seraient triés correctement. Or aujourd’hui, en 2019, sur 2 millions de détritus, c’en sont seulement 700 000 qui sont mis au tri et moins de 360 000 qui sont véritablement recyclés. On en est encore bien loin du compte. 

En revanche, nous commençons à réaliser l’ampleur du phénomène, ce pourquoi en 2020, les pailles, cotons tiges, et autres produits à usage unique seront interdits en France. En 2025, le parlement Européen envisage même d’étendre cette mesure au reste de l’Union Européenne. 

D’autre part, il reste encore quelques espoirs comme l’idée de Bryan Slat, un ingénieur à l’origine de barrières, capables d’intercepter des déchets dans les Océans, ou encore l’initiative de Frederica Bertocchini en Italie, qui a trouvé une larve capable d’ingérer du plastique. Certains citoyens de leur côté optent pour un mode de vie sans emballage ni plastique, comme Aline, interviewée pour Brut. Il s’agirait donc d’acheter en vrac et de trouver des alternatives, aussi bonnes pour l’environnement que pour la santé. 

Et il faudra agir vite, car avec 8 millions de tonnes de plastique en 1 an dans le monde, soit un camion poubelle dans la mer toutes les minutes, on risque bien de finir par s’empoisonner nous-mêmes. Et ça, ce serait vraiment le comble, car contrairement à nos camarades les poissons, nous, on a la capacité de savoir ce qu’on mange. Merci.

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